20 octobre au 22 novembre 1914 : La première bataille d’Ypres

Le secteur d’Ypres, en Belgique, dont la ligne de front constitue un demi-cercle autour de la ville, a été l’un des plus sanglants du front occidental pendant la Grande Guerre, avec 500 000 morts.

La nécropole de Saint-Charles de Potyze sur le champ de bataille d’Ypres

La nécropole de Saint-Charles de Potyze - PNG

La course à la mer

A l’ouest, dans les derniers jours du mois de septembre 1914, à l’issue de la bataille de la Marne, le front s’était figé le long des rives de l’Aisne. Le commandant en chef britannique, French, persuada son homologue français, Joffre, de la nécessité de déplacer l’ensemble des forces britanniques vers le nord afin que celles-ci puissent réduire leurs lignes de ravitaillement. Les Britanniques firent donc mouvement vers les Flandres entre le 16 et le 18 octobre 1914, tandis que les Français occupaient progressivement les positions abandonnées par leurs alliés.

Le déplacement des forces britanniques vers les côtes de la Manche menaça évidemment le flanc droit des Allemands qui procédèrent également à une réorganisation de leurs troupes dans ce secteur.

Afin d’assurer leurs arrières, les Allemands mirent le siège devant Anvers dont les fortifications subirent les tirs de l’artillerie lourde dès le 27 septembre. Soumise à une trop forte pression, l’armée belge commença à évacuer la ville, en longeant les côtes de la mer du Nord, dès le 8 octobre. Anvers tomba aux mains des Allemands le 10.

Dans les jours qui suivirent, un front continu s’établit de la frontière suisse à la mer du Nord et un Corps britannique, le 1er, dirigé par le général Haig, occupa un saillant à l’est de la ville d’Ypres. C’est sur ce saillant que l’effort des Allemands, qui disposaient d’effectifs nettement supérieurs aux estimations alliées, se concentrèrent.

L’affrontement

A la suite de la chute d’Anvers, l’armée belge poursuivit sa retraite le long de la côte. Parvenus sur l’Yser, entre Nieuport et Dixmude, les Belges prirent la décision, le 24 octobre, d’ouvrir les écluses du canal. A la date du 28, les basses plaines flamandes étaient complètement inondées et l’avance allemande s’enraya. Les armées du Kaiser se concentrèrent alors sur le saillant d’Ypres où elles espéraient une percée décisive.

A partir du 29, les Allemands, plus de deux fois supérieurs en nombre, engagèrent six divisions et parvinrent à ouvrirent de sérieuses brèches dans le front britannique entre Messines et Zandvoorde. Le 31 octobre, les Britanniques cédèrent à Gheluveldt mais les Allemands tardèrent à engager leurs réserves dans l’espace et les Britanniques, au prix d’un effort suprême, parvinrent à établir une nouvelle ligne de défense.

Il semblait toutefois évident que l’effondrement des Britanniques était imminent. Au cours de la nuit du 1er au 2 novembre, les Allemands s’emparèrent des hauteurs de Messines et les Français durent intervenir dans le secteur pour conjurer le danger. Le 10 novembre, les Allemands lancèrent un assaut massif, mais vain, dans le secteur de Dixmude. Au même endroit, le lendemain, des unités de la Garde allemande parvinrent à repousser des éléments de la Garde britannique mais furent finalement repoussées par des réserves alliées.

Ce fut la dernière tentative sérieuse effectuée par les Allemands dans les boues d’Ypres. Les opérations prirent fin le 22 novembre, tant du fait de l’arrivée massive de renforts français que de l’arrivée des conditions hivernales.

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Le front occidental dans l’impasse

La première bataille d’Ypres démontra la toute puissance des armes défensives modernes à l’égard des charges de l’infanterie. Au cours de leur héroïque résistance, les Britanniques perdirent plus de 50.000 tués et blessés. Les pertes allemandes ne furent pas déterminées mais semblent avoir été largement supérieures.

L’échec de la "course à la mer" dans le secteur d’Ypres signifia le début d’une guerre de boue et de tranchées qui allait se poursuivre trois ans et demi. Le très professionnel Corps Expéditionnaire Britannique avait remporté de brillants succès et s’en trouvait presque détruit. Les Britanniques durent faire appel à des volontaires afin de constituer une nouvelle armée ; en 1916, à la suite de pertes toujours grandissantes, ils instaurèrent la conscription obligatoire.

Il y eut quatre batailles d’Ypres durant la Première Guerre mondiale :

  • Première bataille d’Ypres (du 29 octobre au 24 novembre 1914) ; aussi appelé bataille des Flandres
  • Deuxième bataille d’Ypres (du 20 avril au 24 mai 1915) ;
  • Troisième bataille d’Ypres (du 31 juillet au 6 novembre 1917), aussi appelée bataille de Passendale ;
  • Quatrième bataille d’Ypres (du 9 avril au 29 avril 1918), aussi appelée bataille de la Lys.

Et maintenant ?

Cette nécropole nationale fut créée pendant la première guerre mondiale. Tout d’abord, il s’agissait d’un cimetière autour d’un hôpital de campagne. Le site a été développé entre 1920 et 1922 et réaménagé dans les années 1925-1929, où il est devenu cimetière de regroupement, en accueillant les restes mortels des combattants français du front de l’Yser et de la côte belge.

Après la guerre, beaucoup de familles demandèrent les restes de leurs parents, lorsqu’ils pouvaient être identifiés. La plupart des restes mortels non identifiés furent inhumés dans les deux ossuaires d’Ypres (616 corps), le reste à l’ossuaire national de Mont Kemmel, pas très loin d’Ypres. Au total, 4153 combattants reposent à Saint Charles de Potyze. Le cimetière a une superficie de 29.900 m2. Le drapeau français y flotte en permanence.

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Dernière modification : 08/11/2018

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