22-23 août 1914 : Les combats d’Anloy et ses victimes

Les combats d’Anloy ont fait 1 750 morts parmi les soldats français et allemands (1150 Français pour 600 Allemands) et de nombreux blessés. Dans les jours qui ont suivis, les victimes ont été inhumées là où elles sont tombées avant d’être rassemblées dans des cimetières militaires à la fin de la guerre

La bataille d’Anloy

Anloy est un petit village tranquille des Ardennes belges, remarquable pour la beauté de son paysage et de ses maisons. Sous cette tranquillité apparente se cache un lieu bouleversé par la Première Guerre mondiale.

Le 22 août 1914 s’affrontent autour du village les armées française et allemande. Il s’agit d’un épisode de la bataille des Frontières. Les unités françaises proviennent majoritairement de la 34e division d’infanterie, commandée par le général Alby et issue du sud-ouest de la France. Les régiments déployés à Anloy sont le 14e (caserné à Toulouse), le 59e (Pamiers), le 83e (Toulouse) et le 88e (Auch). En outre, une unité bretonne, initialement engagée à la bataille autour du village voisin de Maissin, fait son irruption à Anloy. Il s’agit du 118e régiment d’infanterie (Quimper).

Le combat débute vers 13h. Il se termine en début de soirée. Les Allemands en sortent vainqueurs. 1 750 morts gisent sur le champ de bataille. 1 150 sont français pour 600 allemands. Les raisons à la défaite sont multiples. L’une d’elles est une question de chance, toujours essentielle lors d’une bataille dite “de rencontre”. Ainsi, quand débute la bataille, les canons français n’ont pas encore traversé la forêt qui les sépare de la clairière d’Anloy. À l’inverse, les canons allemands sont déployés sur les hauteurs surplombant le village. Ils feront des ravages parmi les fantassins français, dépourvus de tout soutien d’artillerie.

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Les victimes militaires du combat d’Anloy

Des milliers d’hommes morts au combat sont inhumés sommairement après la bataille, souvent à l’endroit où ils sont tombés, afin d’éviter une épidémie due à la chaleur torride et au nombre impressionnant de soldats morts mêlés aux cadavres de chevaux. Les Français s’étant repliés, les Allemands réquisitionnent la population civile des villages pour creuser des fosses communes sur les champs de bataille. Les tombes pouvaient contenir jusqu’à 40 hommes et étaient disséminées sur les lieux des combats. Les officiers allemands avaient des tombes individuelles ou étaient ensevelis dans les cimetières communaux.

Les soldats blessés durant les combats sont recueillis dans l’église, les écoles et les maisons d’Anloy. Ils sont ensuite emmenés vers les « lazarets » (hôpitaux militaires) de Libin, Saint-Hubert et Libramont. Ceux qui ne survivent pas sont enterrés dans des cimetières provisoires, à proximité du « lazaret » ou dans les cimetières communaux.

Afin de regrouper les corps des victimes françaises et allemandes, l’administration allemande organise la construction de nécropoles militaires sur le territoire de la Belgique, à partir de 1916. Les communes doivent céder gratuitement les terrains et assurer « à perpétuité » l’entretien de ces sites.

En province de Luxembourg, Ludwig Paffendorf, architecte allemand, est chargé de dresser les plans de 42 nécropoles, dont 3 cimetières pour les victimes du combat d’Anloy : Anloy-Bois, Anloy-Bruyères et Jéhonville-Bruyères. D’autres nécropoles, plus petites, seront également érigées.

Les travaux pour les deux cimetières situés à Anloy débutent à la fin de l’année 1916. L’inauguration officielle des cimetières a lieu le 16 juin 1918 par les Allemands, en présence du duc de Hesse et du gouverneur militaire de la Belgique. Le même jour, ils inaugurent également trois cimetières à Maissin.

Le cimetière d’Anloy-Bruyères (Anloy-Heidenfriedhof) au lieu-dit « du Chène », sur la route de Framont, rassemble 661 soldats français et 360 soldats allemands. Le cimetière d’Anloy-Bois (Anloy-Waldfriedhof) au lieu-dit « Bolichai » ou « Trou du Bouc », qui regroupait 373 Français et 103 Allemands, sera désaffecté en 1958.

Les civils ne sont pas épargnés par cette déferlante de feu et de sang. Les soldats allemands sont imbus de la croyance infondée du franc-tireur. Ils les accusent dès l’entame des hostilités de soutenir les Français. 50 villageois sont assassinés les 22 et 23 août. La population avant-guerre s’élevait à environ 500 âmes. Un nombre considérable de maisons sont pillées et brûlées. Le village connait ensuite quatre années d’occupation allemande. Les réquisitions sont diverses et récurrentes. Elles visent entre autres les matières premières, les chevaux et le fourrage. L’économie locale est désorganisée. La pénurie et la faim plombent le moral des habitants. Anloy est libérée par les troupes française et italienne après l’armistice du 11 novembre 1918.

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Dernière modification : 08/11/2018

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