Patricia Pedelabat, présidente de l’association des Gascons de Belgique

Fonctionnaire à la Commission européenne, Patricia Pedelabat préside l’association des Gascons de Belgique depuis 7 ans. Elle revient aujourd’hui sur son parcours et nous en dit plus à propos de cette association qui contribue au rayonnement du Sud-Ouest en Belgique.

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Originaire du Sud-Ouest de la France, je suis fonctionnaire à la Commission Européenne depuis 2004. Lors de mon arrivée à Bruxelles en 1996, j’ai fait un stage de 6 mois au Comité européen des régions puis au Parlement européen. J’ai ensuite travaillé 5 ans à la Représentation permanente de la France auprès de l’Union Européenne sur la politique régionale.

J’ai étudié à l’université des Sciences sociales de Toulouse où j’ai passé une maitrise d’administration économique et sociale puis un diplôme d’études appliquées (DEA) en droit européen. J’ai ensuite poursuivi par un doctorat en droit social européen que j’ai soutenu en 2001. Dans le cadre de mon doctorat, je suis partie faire des recherches en Suède pendant un an.

Depuis quand êtes-vous installée en Belgique et quels sont les motifs de votre expatriation ?

Je suis arrivée en Belgique en 1996, il y a maintenant 22 ans. Les affaires européennes sont la raison principale de mon départ, le droit européen étant devenu une passion depuis mon DEA. Pour moi, c’était évident de m’installer à Bruxelles, au cœur de l’Europe.

Comment décririez-vous votre intégration en Belgique ?

Je la qualifierai de très bonne. Le fait que j’y suis installée depuis 22 ans montre que je m’y sens bien. Mais je suis également attachée à la France, à ma région et à mes racines gasconnes, ce qui a sans doute contribué à ce que je devienne Présidente d’une association de Gascons.

Exercer une profession dans une ville multiculturelle et internationale est une réelle chance. Travailler au sein des institutions européennes est passionnant et il est très motivant d’avoir le sentiment de participer très modestement à la construction européenne.

Présidente de l’association des Gascons de Belgique, pouvez-vous nous en dire plus sur l’histoire et le contexte de création de cette association ?

L’association existe depuis 26 ans. Elle a été créée par un groupe de personnes qui voulaient se rassembler, non pas par nostalgie du Sud-Ouest mais parce qu’il est plus facile de créer des liens lorsque l’on a des racines communes. C’était une volonté de se retrouver, de partager des moments ensemble et aussi de mieux découvrir l’endroit où l’on est. Nous organisons en effet beaucoup de visites guidées de villes ou de musées par le biais de l’association, que l’on ne visiterait pas forcément seuls.

Quel a été votre parcours au sein de l’association des Gascons de Belgique et quelles raisons ont motivé votre investissement associatif ?

Je préside l’association depuis maintenant 7 ans, après en avoir été la vice-présidente pendant 4 ans. J’ai découvert l’association par un ami qui en faisait déjà partie. Je pense que je me suis investie pour les mêmes raisons que celles qui attirent les autres, notamment pour la convivialité. Ce n’était pas pour m’intégrer car j’avais déjà un réseau d’amis en Belgique, mais plutôt pour effectuer des activités différentes et côtoyer des personnes que je n’aurais pas croisé sans cette association, ce qui m’a permis de faire de belles rencontres.

Quels types d’activités sont organisés par votre association ?

Tout d’abord, nos activités dépendent des membres du bureau car chacun a ses passions et propose des activités qui lui sont propres. Notre choix d’activités dépend ensuite des membres avec qui nous échangeons pour répondre à leurs attentes. Les nouveaux membres de l’association aiment participer à des activités qui cumulent culturel et social, et permettent d’échanger avec différentes personnes lors d’un même évènement. C’est ce que nous avons fait l’année dernière pour les nocturnes des musées, avec la visite guidée de la maison de l’Europe, suivie d’un apéritif où nous avons pu échanger avec le nouveau député des Français du Benelux. Nous organisons également un apéritif de rentrée en septembre dans un bar à vin du sud-ouest, afin d’accueillir les nouveaux membres ou sympathisants.
Nous essayons aussi d’organiser des activités pour les familles avec des enfants. Nous avons par exemple proposé une visite guidée du Musée du Train et de la Fondation Folon. Mon fils, âgé de trois ans et demi, l’avait visitée avec l’école donc je me suis dit « pourquoi pas ? ». Pour nous, c’est important de réconcilier des familles avec de jeunes enfants, pour les intégrer à part entière dans notre association.

Par ailleurs, nous participons à des activités qui nous aident à nous faire connaitre auprès de la communauté française installée en Belgique, comme la fête du Lycée français Jean Monnet ou le Marché de Noël de l’Accueil français de Bruxelles. Nous avons longtemps participé à la fête de l’Iris où nous tenions un stand, mais nous ne ciblions pas le bon public. Nos nouvelles activités nous permettent d’avoir le temps de faire ce qui nous tient vraiment à cœur, c’est-à-dire discuter avec des Français pour présenter l’association et expliquer ce que l’on fait afin que de nouvelles personnes nous rejoignent.

Nous organisons généralement une activité par mois mais cela dépend vraiment de nos idées : si nous en avons une, nous la lançons ! Nous soutenons aussi les passions de nos membres impliqués dans d’autres associations si cela est lié au sud-ouest.

Nous sommes également en lien avec la Route européenne d’Artagnan, créée par notre vice-président. Cette route de 4 000 km qui part de Lupiac dans le Gers, lieu de naissance de d’Artagnan, et qui va jusqu’à Maastricht, ville où il a été tué. Elle passe dans six pays européens, dont la France et le Benelux. Celle-ci a été inaugurée l’année dernière en France et en Belgique. Dans ce cadre, nous avons par exemple habillé le Manneken-Pis en d’Artagnan pour la troisième fois. Son costume est d’ailleurs toujours conservé au musée de la rue du Chêne.

Pouvez-vous nous préciser le profil des membres de votre association ?

Les membres sont en général des personnes qui se sont installées en Belgique pour travailler ou pour suivre leur conjoint. Il y a peu de membres qui travaillent pour les institutions européennes. Ce sont également des personnes de tout âge. Nous accueillons de jeunes arrivants, tout comme des personnes ayant effectué l’ensemble de leur carrière professionnelle en Belgique et qui ne souhaitent plus en repartir.

La majorité de nos membres sont originaires du Sud-Ouest mais nous avons également des membres de nationalité étrangère qui intègrent notre association car elles sont attirées par nos activités ou car elles sont tombées amoureuses de la Gascogne lors d’un séjour en vacances. Notre association, comme nous le disons souvent, est ouverte « que les gens soient originaires du Sud-Ouest ou tout simplement amoureux de notre belle région ». C’est vraiment la convivialité et le partage qui priment !

À ce jour, nous comptons 70 membres cotisants et plus de 300 sympathisants (c’est-à-dire des personnes qui viennent ponctuellement à certaines activités organisées).

Comment faites-vous connaître l’association auprès des ressortissants français établis en Belgique ?

Depuis deux ou trois ans, nous nous faisons essentiellement connaître par le biais de la fête du Lycée français Jean Monnet où nous tenons un stand. L’Accueil français de Bruxelles, dans son bulletin, ainsi que le magazine "Juliette & Victor", publient par ailleurs régulièrement des articles sur notre association.

Le Consulat nous soutient aussi beaucoup. Les Gascons de Belgique sont répertoriés sur son site internet et les portraits du mois consacrés aux acteurs de la vie associative permettent de mettre en avant notre investissement. Des prospectus promouvant l’association y sont régulièrement déposés.

Nous avons un site internet (http://gasconsdebelgique.wordpress.com/) mais nous utilisons principalement les réseaux sociaux via Facebook que nous mettons à jour régulièrement avec nos événements (https://www.facebook.com/LesGasconsdeBelgique/). Nous partageons également des photos de paysages du Sud-Ouest ou des vidéos d’endroits intéressants de notre région. Si nous voulons nous faire connaître des jeunes, il est essentiel d’être présents sur ces nouveaux moyens de communication !

Nous avons aussi maintenant la chance d’avoir la Route européenne d’Artagnan, qui participe à notre promotion.

Nous utilisons également une manière ludique et originale de nous faire connaître : nous imprimons des petites cartes « Connaissez-vous les Gascons de Belgique ? » que nous déposons sur les voitures ayant une plaque d’immatriculation du Sud-Ouest ! (rires) que nous croisons à Bruxelles.

Avez-vous de liens avec d’autres associations établies en Belgique ?

Nous avons des liens avec d’autres associations gasconnes, et rencontrons principalement les Gascons de Paris du fait de notre proximité géographique. Nous avons organisé avec eux plusieurs activités sur Paris sur les traces de d’Artagnan. Ainsi, nous avons pu visiter les Archives nationales avec une gasconne de Paris spécialiste de d’Artagnan, Odile Bordaz.

Nous organisons également avec les autres associations régionales Françaises installées à Bruxelles une joute gastronomique annuelle pour partager nos bons produits de terroir !!!

Avez-vous trouvé un petit coin de paradis en Belgique ?

Mon coin de paradis, c’est mon quartier, le Châtelain. On peut y retrouver une vraie vie de quartier. J’ai mes petits points de repères, les gens me reconnaissent et me saluent, c’est pourquoi je m’y sens bien. Cela fait plus de 20 ans que je suis installée à Bruxelles et pourtant j’ai encore énormément de choses à découvrir, des coins que je ne connais pas encore. Je trouve que c’est une chance d’habiter ici. Mon fils va aller à l’école européenne, où il pourra apprendre les langues et découvrir des cultures différentes. Je suis très heureuse de pouvoir lui offrir cette chance.

De plus, des activités sont organisées tous les week-ends à Bruxelles, ce qui est extraordinaire. Cette capitale offre une richesse culturelle énorme, elle est très axée sur les enfants, leur développement et tout ce qui est artistique.

La Belgique est aussi un pays qui permet de voyager partout en Europe très facilement. C’est un endroit qui nous apporte une très bonne qualité de vie. On y trouve des logements plus grands, des distances plus petites, de nombreux espaces verts et la proximité de la mer. Toutes ces raisons font de la Belgique un endroit où je me sens bien.

Dernière modification : 09/07/2018

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