Portrait du mois : Stéphane Baudry, président du Cercle Montaigne

Stéphane Baudry a fondé et dirige le Cercle Montaigne, un réseau de décideurs français en Belgique. Voici son portrait.

JPEG

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Stéphane Baudry, je suis né à Paris et directement après mes études, je me suis installé en Belgique, il y a près de 38 ans de cela maintenant. C’est ici que j’ai rencontré ma femme avec qui j’ai eu mes deux premiers enfants. Côté professionnel, j’ai travaillé toute ma vie dans la presse, notamment 17 ans dans le groupe IPM (La libre Belgique, Paris Match etc.), puis chez Rossel et un passage en TV à la RMB (Régie de la RTBF). Ensuite je me suis expatrié cinq ans avec femme et enfants en Polynésie française pour le compte d’un autre groupe de Presse, Français celui-là, Le Groupe Hersant Média, mais je suis vite revenu quand ma dernière fille devait commencer ses études supérieures.

Vous êtes le fondateur du Cercle Montaigne en Belgique, pouvez-vous le présenter en quelques mots ?

Le Cercle Montaigne est un réseau discret et étroit de décideurs français. Le Cercle Montaigne est structuré par quatre déjeuners formels par an et quatre moments totalement informels : théâtre, garden party etc. qui se déroulent le soir en présence des conjoints. Pour vous donner une idée, le dernier déjeuner que l’on a organisé était sur le thème de la mobilité 4.0, un domaine qui va toucher toutes les entreprises. Le prochain sera sur la blockchain, nous sommes en ce moment même en train de contacter des intervenants.

En dehors de ces moments, il y a les Trophées Montaigne qui priment chaque année quatre Français et ce depuis plus de cinq ans maintenant. Il y a quatre prix : un pour l’associatif, parce qu’il n’y a pas que les affaires en Belgique et il nous semblait important de mettre en avant le tissu associatif français en Belgique qui comporte plus de 70 associations ; un autre pour la culture, un pour l’entreprise et le dernier pour récompenser la transformation digitale, parce qu’aujourd’hui c’est indispensable.

Pourquoi avoir créé un « Cercle » ? Cela manquait en Belgique ?

J’ai fait partie de beaucoup de cercles dans ma vie parce que c’est important d’avoir son réseau quand on travaille en Belgique. La Belgique est véritablement un pays de réseaux, si vous n’en avez pas cela est plus compliqué, c’est pour cette raison que j’ai voulu créer un cercle spécifiquement de Français, au format volontairement restreint pour plus d’efficacité. Il y avait déjà la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) qui était présente et qui est une parfaite réussite, mais c’est mixte : il y a des Français, des Belges et tout le monde vient y faire des affaires ce qui est bien normal. Le profit n’est pas du tout l’objectif du Cercle Montaigne, on est plutôt dans l’intégration des nouveaux arrivants dans un environnement social et professionnel. Le principe même d’un cercle est de vendre quelque chose, mais au Cercle Montaigne, la philosophie est différente. Notre objectif est avant tout de faire se rencontrer un alter ego et français de surcroît. Pourtant on y parle aussi d’affaires puisque les membres vous font profiter de leur réseau par la suite. Enfin, les membres recherchent aussi qu’on leur parle d’autre chose que de leur business dans les déjeuners.

Quand j’étais en Polynésie, les cercles de compatriotes m’ont permis de comprendre tout de suite comment fonctionnait le pays, mais il ne faut pas tomber dans l’excès inverse qui serait de ne rester qu’entre Français, ce n’est pas l’idée. Entrer au Cercle Montaigne est un très bon moyen de faire ses premiers pas en Belgique et d’être un accélérateur d’intégration je dirais.

En 2013, vous avez lancé le magazine Avenue Montaigne, est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Une chose qui m’a manqué quand je suis arrivé en Belgique, c’est les repères. On a besoin de repérer les marques que l’on connaît. Carrefour c’est facile, mais il n’y a pas que ça ! J’ai donc essayé de recenser tout le savoir-faire français, ou du moins une partie et j’ai appelé ça Avenue Montaigne parce que le savoir-faire français c’est l’excellence. « Avenue Montaigne » est une marque qui a l’avantage de n’avoir pas besoin d’être construite ou marquetée puisqu’elle parle à tout le monde. Ainsi, n’importe quel magasin de qualité peut avoir un article dans Avenue Montaigne. Le site vit grâce à la publicité, mais l’objectif ici encore n’est pas de faire de l’argent, ni d’en perdre d’ailleurs. Il s’agit d’offrir aux Français une plateforme qui recense les commerçants de qualité et il y en a beaucoup !

On a également pu voir que vous allez monter votre propre fondation, pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet ?

La fondation Charles va permettre à des jeunes issus de milieux défavorisés de poursuivre leurs études. Nous avons déjà trouvé l’école pilote pour la rentrée et je serai accompagné dans ce projet par mes partenaires (membre du Cercle) français. L’objectif est d’offrir à des jeunes de 14/15 ans des conseils et des explications sur le fonctionnement d’une entreprise, la notion de marketing, la finance etc. Ils rencontreront et même déjeuneront directement avec de grands patrons d’entreprises françaises. Nous les suivrons tout au long de leurs années d’étude grâce à un parrain. L’idée ensuite est de financer complètement leurs études supérieures et de leur trouver des stages avec nos entreprises partenaires.

C’est tout ça l’objectif de la Fondation Charles : leur donner une chance et, quelque soit leur avenir, au pire ils pourront dire plus tard à leurs enfants qu’ils ont été reçus par un grand patron, ils en seront fiers et il en restera quelque chose j’en suis sûr.
14/15 ans est un âge décisif dans l’orientation et il faut savoir parler à ces jeunes, c’est pour cela que je me suis entouré de deux porte-paroles exceptionnels : Ryad Merhy, vice-champion du monde de boxe et Hakima Darhmouch, ancienne présentatrice du journal télévisé sur RTL-TVi et aujourd’hui Directrice du Pôle Culturel de la RTBF. C’est important pour eux d’avoir des personnes avec lesquelles ils peuvent s’identifier.

Le Cercle Montaigne, l’Avenue Montaigne, les Trophées et maintenant la Fondation, c’est beaucoup d’engagement, comment faites-vous pour gérer tout cela ?

Quand on emménage quelque part, il y a plusieurs façons de participer à la vie du pays qui nous reçoit : en s’intégrant, en faisant du commerce ou s’impliquer associativement. Mon engagement social je le vois comme dans la fable du colibri, je fais ma part du job, à mon échelle. Je fonctionne quasi-seul, mais parfois je prends une(e) stagiaire de l’European Communication School (ECS) où je donne un petit module sur la communication à 360°. Au total, ça ne peut pas dépasser plus de 20% de mon temps, mais comme je dors peu, ce sont de longs 20%.

JPEG
Les lauréats 2018 sont (de gauche à droite) : Gabriel Alloing (Culture), Annick Rossey (Innovation), Sheherazad Semsar de Boisseson (Entreprise) et Isabelle Resplendino (Associatif). [photo LinkedIn].

Pour terminer, après 38 ans passés en Belgique, pourriez-vous nous révéler votre petit coin de paradis en Belgique ?

Bruxelles est une ville où il fait bon vivre, mais mon véritable petit coin de paradis est Redu. Une petite ville en Wallonie qui est très, très agréable. C’est connu pour être le village du livre, on s’y balade, on y mange un bout, c’est vraiment une belle ville… Je conseille à tous les amoureux des livres et de quiétude d’y aller.

Suivez l’actualité du Cercle Montaigne sur leur site internet : http://www.cercle-montaigne.be.

et consultez Avenue Montaigne en ligne à cette adresse : https://avenue-montaigne.be.

Dernière modification : 24/07/2019

haut de la page