Portrait du mois : Claire Gramfort

C’est en 2015 que Claire est arrivée à Bruxelles. Après avoir fait son Master en interprète de conférence à Bruxelles, elle a décidé de rester en Belgique pour débuter sa vie professionnelle. Pour en apprendre plus sur son parcours et découvrir comment l’Entraide française de Bruxelles l’a aidé à atteindre ses objectifs, c’est par ici !

PNG

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Claire Gramfort, je suis Française et j’ai 25 ans. J’habite à Bruxelles depuis quatre ans maintenant. Je suis arrivée en Belgique en septembre 2015 pour faire un master en interprétation de conférence à l’ULB.

Quand vous êtes arrivée en Belgique pour étudier, quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Pour commencer, j’ai trouvé un logement facilement. J’en ai visité seulement trois ou quatre avant de trouver le bon. J’avais été voir les petites annonces sur les panneaux d’affichage dans mon école.

Au début le plus difficile était d’être seule dans une grande ville mais je savais que j’étais là où je voulais être exactement ce qui facilitait beaucoup les choses. Je me suis rapidement inscrite à l’orchestre de l’ULB, ce qui m’a permis de rencontrer des gens et ça s’est super bien passé. L’orchestre a été ma porte d’entrée pour me sentir chez moi. Ils sont vite devenus ma famille ici.

Vous avez été aidée par l’Entraide française de Bruxelles, comme êtes-vous entrée en contact avec eux ?

C’est via le service d’aide de l’ULB que j’ai entendu parler de l’Entraide française de Bruxelles pour la première fois. Mes parents m’aidaient dans la mesure de leurs moyens mais j’ai également un petit frère qui fait des études et ce n’était pas forcément facile. Du coup j’ai pris un premier contact avec l’Entraide début janvier 2016.

Vu que j’ai déposé mon dossier très en avance, j’étais sur la liste d’attente et finalement l’entraide a accepté de payer mon Minerval de la première année de master. En septembre 2016, j’ai donc réintroduit une demande pour l’année suivante, qui a une nouvelle fois été acceptée.

La plupart du temps, la raison pour laquelle plein de gens ne profitent pas des aides c’est qu’ils ne savent pas qu’elles existent. J’essaye donc d’en parler un maximum autour de moi.

L’entraide m’a aidée deux années de suite. Avec tous les frais de rentrée, c’était rassurant et précieux de ne pas devoir payer le minerval en plus. Je ne pouvais pas trop me permettre de travailler parce que je voulais absolument réussir ce master qui avait beaucoup d’heures de cours et beaucoup de travail en dehors des cours. Au final, je suis diplômée avec grande distinction et j’ai adoré mes deux années. L’aide apportée par l’Entraide française de Bruxelles m’a vraiment permis de me focaliser sur mes études et sur ma réussite.

Je suis extrêmement reconnaissante de ce que l’entraide a fait pour moi : aujourd’hui j’ai une carte de visite d’interprète et j’en suis très fière !

Au niveau des cours et de la manière d’enseigner, avez-vous senti des grosses différences entre le système français et le système belge ?

J’ai dans un premier temps été très étonnée par le cours de littérature francophone. J’ai constaté que nous n’avions étudié que des auteurs français et aucun auteur belge. J’ai trouvé ça dommage.

Ensuite, le système des points est différent du système français. En Belgique, pour réussir il faut avoir au moins 10 à tous les examens. Alors qu’à Strasbourg la moyenne était plus globale : je pouvais avoir un 5/20 dans une matière du moment que j’avais un 15/20 dans une autre pour équilibrer. Le système belge rend les choses plus difficiles car plus exigeantes. La formation est très complète avec des cours d’informatique et de droit par exemple. Le bac (= la licence) est très formateur. Le fait d’avoir 10 partout garantit une certaine qualité de la formation.

Enfin, j’ai remarqué qu’en Belgique il est normal d’aller en seconde session (rattrapage). Au début j’ai eu un peu peur quand j’ai vu tout le monde aller en seconde session puis j’ai réalisé que c’était commun. Certains élaborent même des stratégies en se disant « je me concentre à fond sur celui-ci maintenant et je repasserai un autre en seconde session ». C’est une façon de penser différente.

Après vos études vous avez donc décidé de rester en Belgique ?

J’ai eu mon diplôme il y a un an et j’ai décidé de rester ici et de m’implanter sur le marché belge pour plusieurs raisons.

Dans un premier temps, parce que j’avais commencé à me créer un réseau ici. Le milieu de l’interprétation se base en grande partie sur le réseau et le bouche à oreille. Je me suis par exemple inscrite à la Chambre Belge des Traducteurs et Interprètes, et je souhaite à moyen terme devenir membre de l’Association Internationale des Interprètes de Conférence.

Ensuite, parce qu’à Bruxelles il y a les institutions européennes. C’est une de mes ambitions de carrière.

Enfin parce que j’adore la ville, j’adore l’endroit, j’ai beaucoup d’amis ici.

Comment s’est passée votre insertion sur le marché professionnel ?

Je suis depuis un an sur le marché privé, ce qui ne fonctionne pas trop mal pour moi. Je sais qu’il faut de la patience, et qu’il faut au moins un an et demi voire deux ans pour se créer un réseau de clients.

Je ne suis pas indépendante parce qu’au niveau des charges ce n’est financièrement pas possible pour moi. J’ai donc fait appel à une coopérative. C’est un système qui fonctionne très bien pour moi, je suis payée via la coopérative qui me donne également accès à une mutuelle.

En complément je travaille tous les dimanches en tant que libraire. J’ai fait le choix de travailler le dimanche afin de garder la semaine de libre. Il faut savoir être disponible et prête, ce qui peut être stressant. Je ne reste pas pour autant à ne rien faire chez moi, il y a en effet tout un aspect de la profession qui nécessite de travailler de chez soi : il faut constamment pratiquer pour maintenir ses compétences. J’ai arrêté les cours il y a maintenant un an, j’essaye donc de m’entrainer au moins une ou deux heures par jour. Il faut tout le temps faire des rappels à son cerveau.

Pour conclure cet entretien, pouvez-vous nous parler de votre lieu préféré à Bruxelles ?

La place Flagey, c’est mon quartier, c’est là que je prends mon bus, que je retrouve mes amis. Chaque fois que ma famille vient, je vais y manger des frites avec mon frère. Les enfants jouent dans les fontaines ou avec un ballon. Il y a plein de restos, de bars et il y a les étangs. Je m’y sens chez moi. C’est le centre de tout ce que je fais à Bruxelles.

Le saviez-vous ?

Généralement un interprète va d’une langue étrangère vers sa langue maternelle. Mais certains d’entre eux sont ce qu’on appelle « bi-actif » c’est-à-dire qu’ils peuvent travailler dans les deux sens : aussi bien de langue maternelle vers une autre langue, que de l’autre langue vers la langue maternelle. Il faut alors essayer de penser bilingue et de se dire tout ce qu’un natif sait, je dois le savoir. Toutes les minuscules références culturelles, il faut les connaître. C’est presque plus un état d’esprit que de la traduction. Claire est bi-active Français↔Anglais, et interprète également de l’allemand vers le français.

Dernière modification : 02/10/2019

haut de la page