Portrait du mois : Marion Ubrich-Fadili, chef de projet dans la communication européenne

Collaborant avec la Commission européenne au quotidien dans le cadre de son travail au sein d’une agence de communication bruxelloise, Marion Ubrich-Fadili a accepté de nous en dire plus à propos de son activité professionnelle et de son installation à Bruxelles il y a plusieurs années.

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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marion Ubrich-Fadili, j’ai 30 ans et je suis actuellement chef de projet dans la communication européenne chez Tipik, une agence basée à Bruxelles. J’ai effectué une formation en communication publique en France. Dans ce cadre, j’ai choisi des cours à option dans le domaine européen parce que ce secteur m’intéressait. Je suis arrivée à Bruxelles il y a huit ans pour y faire mon stage de fin d’études. J’ai bien aimé la ville et on m’a proposée un emploi à l’issue de mon stage : j’ai donc décidé de rester.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de vivre à Bruxelles ?

Je voulais travailler dans une capitale : par rapport à mon secteur d’activité, cela s’imposait. Bruxelles me paraissait un bon choix pour commencer : je trouvais la ville agréable et le niveau de vie assez abordable pour une capitale, permettant d’avoir un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Quels souvenirs gardez-vous de votre installation à Bruxelles ?

J’ai trouvé mon installation à Bruxelles assez facile, d’une part par rapport à la langue, d’autre part par rapport aux formalités administratives. Certaines d’entre elles sont en effet plutôt similaires à celles que l’on peut rencontrer en France. Il y a tout de même des différences, mais elles m’ont été en général bien expliquées. Par exemple, au niveau bancaire il existe des différences assez grandes mais les banquiers en Belgique connaissaient déjà bien le système français et m’ont avertie des changements qu’il y avait ici.

Chef de projet dans la communication européenne, pouvez-vous nous préciser comment s’organise votre collaboration avec les différentes institutions européennes ?

Les institutions européennes sous-traitent une grande partie de leur communication : elles nous contactent pour des campagnes sur des sujets bien particuliers et nous demandent de mettre au point une stratégie et des moyens de communication à mettre en œuvre. Parfois, nous avons aussi des contrats pour lesquels sont sous-traitées l’ensemble des relations publiques sur un secteur bien particulier pour plusieurs années. Les contrats sont donc assez variables.

Comme ces contrats relèvent du secteur public, ces derniers sont soumis aux règles des appels d’offres publiés au niveau européen. Ils peuvent donc concerner des sujets bien précis, pour lesquels chaque agence propose son projet avec un volet relatif au rapport qualité-prix. Les contrats proposés peuvent également privilégier une vision sur le long terme : il est en effet possible que les institutions sous-traitent pour une durée de quatre à six ans tout un volet de leur communication. Il peut s’agir par exemple de la gestion de leur site web, de leurs réseaux sociaux ou de leurs relations presse. Pour l’agence, ces projets présentent l’avantage d’avoir une équipe formée qui connaît les clients et du côté des institutions, cela leur apporte une certaine stabilité et leur permet d’avoir un interlocuteur unique pendant un certain temps.

Lorsque notre agence est sélectionnée à l’issue d’un appel d’offre, nous commençons à préparer les moyens de communication : nous préparons une stratégie ainsi que des supports de communication en anglais dans un premier temps. Une fois que la stratégie et les supports sont validés, nous les déclinons dans les 23 autres langues officielles de l’Union européenne. Nous coordonnons également tout le volet traduction de la stratégie de communication.

Mes contacts avec la Commission sont quotidiens. Travaillant actuellement sur une campagne importante, il est nécessaire que la Commission valide notre travail chaque jour. Nous avons également un planning bien détaillé avec des étapes quasiment quotidiennes. Une fois la stratégie validée, nous commençons à la mettre en place, tout en leur posant régulièrement des questions afin de connaître leurs préférences et en leur soumettant nos actions. Il y a aussi tout un échange entre nous pour améliorer la stratégie, voir comment cette dernière est reçue par les cibles et ce que l’on pourrait introduire de nouveau.

Nous avons plusieurs interlocuteurs au sein de la Commission : en général, le chef de projet est mon interlocuteur au quotidien. Sa hiérarchie intervient de temps en temps pour des demandes bien particulières. Je suis parfois en contact avec des assistants, des graphistes ou des community managers car en plus de la campagne dont nous sommes chargés, ils publient également à ce sujet sur les réseaux sociaux chaque jour.

Pouvez-vous nous en dire plus à propos du projet sur lequel vous travaillez actuellement ?

En ce moment, je m’occupe d’un gros projet sur la protection des données personnelles, le règlement européen entrant en vigueur le 25 mai prochain. Ce projet occupe quasiment tout mon temps depuis plusieurs mois, mais il m’arrive parfois de gérer deux ou trois projets en parallèle.

Pour ce projet, nous nous occupons de toute la communication : nous avons mis en place la stratégie de communication, dans un premier temps à destination des entreprises pour les inciter à se mettre en conformité avant la date clé du 25 mai 2018. Les actions de communication en direction des entreprises sont plus ou moins terminées car il ne leur reste que très peu de temps pour se mettre en conformité. Actuellement, nous sommes dans la deuxième phase du projet, qui consiste à informer les citoyens des nouveaux droits qu’ils auront à partir du 25 mai.

Êtes-vous amenée à travailler dans d’autres langues que le français ?

Je dirais que 80 % de mon travail s’effectue en anglais. Le français et l’allemand sont également des langues officielles de travail. Au niveau oral, beaucoup de personnes parlent français à Bruxelles. Dans le cadre de réunions ou lors de conversations téléphoniques, nous pouvons donc parler français.

Dans le futur, envisagez-vous de travailler dans un autre pays que la Belgique ?

Ce n’est pas exclu. J’aime bien vivre et travailler à Bruxelles donc a priori je n’ai pas envie de partir, mais j’ai déjà vécu à l’étranger : dans le cadre d’une expérience professionnelle, je me suis notamment installée aux États-Unis. Donc cela ne me dérangerait pas de m’expatrier dans un autre pays si j’avais une belle opportunité.

Toutefois j’envisage bien de rester en Belgique : je trouve que la qualité de vie est bonne, j’y ai constitué mon réseau, j’ai rencontré mon mari ici et mon petit garçon est franco-belge. J’ai donc des attaches importantes avec la Belgique. J’ai également décroché mon premier emploi à l’issue de mon stage de fin d’études effectué ici à Bruxelles. Je n’ai jamais vraiment travaillé en France – à l’exception de boulots d’été effectués durant ma scolarité – donc je ne connais pas vraiment le milieu professionnel français.

Quels liens avez-vous conservé avec la France ?

Toute ma famille vit en France : je m’y rends donc régulièrement à l’occasion des fêtes, des vacances ou pour des week-ends. Je suis également l’actualité française et je m’informe toujours via les médias français, par l’écoute de la radio française le matin ou par la lecture de la presse en ligne chaque jour. L’actualité française m’intéresse, la France reste mon pays donc j’ai envie de savoir ce qu’il s’y passe. Je n’ai pas l’impression d’être devenue Belge, je reste avant tout Française !

Avez-vous trouvé un petit coin de paradis en Belgique ?

J’aime beaucoup les parcs et les châteaux, donc c’est vrai qu’autour de Bruxelles je suis plutôt servie ! Dernièrement je suis allée au Château de La Hulpe : tous les rhododendrons étaient en fleurs, c’était très beau. Durant l’automne, j’aime bien me rendre au Palais des Colonies à Tervuren afin de m’y promener : à cette période il y a de nombreux arbres aux feuilles rouges et jaunes et c’est superbe.

Je trouve que Bruxelles est une ville très verte. Le Parc de Woluwe se trouve à proximité de mon lieu de travail et chaque matin, je passe devant le Parc du Cinquantenaire pour me rendre au travail. Le Parc Josaphat, qui est très grand, n’est pas si loin de chez moi.

Je n’ai pas un coin de paradis en Belgique, je dirais que j’en ai un peu partout en fait : aux endroits où se trouvent des parcs et des châteaux ! (rires).

Dernière modification : 30/05/2018

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