Portrait du mois : Stéphanie Sellier, fondatrice de French-Connect

A l’occasion de leur succès en Belgique auprès de la communauté française et francophone, nous avons rencontré la fondatrice de French-Connect, facilitateur de contacts, entre les Français et les Belges…

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Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

Je m’appelle Stéphanie Sellier, je suis française et originaire de Normandie. J’ai longtemps habité à Paris et je suis à Bruxelles depuis maintenant 10 ans.
J’ai fait des études de gestion d’entreprise et j’ai préparé le diplôme d’expertise comptable. Ensuite, je suis devenue professeur de gestion d’entreprise pendant plusieurs années. Plus tard, j’ai été chargée de mission auprès du rectorat en Normandie pour m’occuper des relations écoles – entreprises au sein de l’éducation nationale. Je suis ensuite allée chercher du travail à Paris. Pendant quatre ans j’ai été commerciale – chargée de grands comptes en assurances.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter Paris ?

Après une vie professionnelle à Paris, j’avais envie d’explorer d’autres horizons. J’étais attirée par le confort de vie qu’offre Bruxelles.

Vous avez créé French-Connect, dites-nous en plus sur ce projet…

French-Connect est un projet que j’ai commencé il y a 9 ans quand je suis arrivée. Je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup de Français installés en Belgique mais qu’il y avait peu de ponts entre les Français et les Belges. Les Français restaient souvent entre eux soit via le lycée français soit via des associations alors qu’il est important de côtoyer les Belges pour pouvoir se créer un réseau et trouver un travail. C’est comme cela que j’ai lancé French-Connect, en collectant de l’information pour s’installer, et en organisant des évènements qui permettent aux Français de se « connecter » aux Belges. A ce jour, nous avons 10 000 membres, et nous avons aidé de nombreux français à trouver un emploi ou créer une entreprise. D’ailleurs, depuis 4 ans, nous avons lancé un espace « emploi » sur le site. Nous postons des offres d’emploi sans néerlandais, de façon à ce que le marché du travail soit facilement et rapidement accessible aux Français qui arrivent en Belgique.

Vous n’êtes plus toute seule à mener ce projet, parlez-nous de votre équipe…

Les trois premières années j’étais toute seule et puis, lors d’un apéro entrepreneurs que j’organisais, j’ai rencontré Muriel Chapelle qui est Belge et qui était à la recherche d’un nouveau réseau pour se remettre sur le marché du travail. Muriel a fait le chemin inverse du mien, elle a voyagé dans cinq pays et le dernier était la France, à Paris, où elle est restée huit ans. Nous avons commencé à travailler ensemble en 2013 pour faire grandir French-Connect.
Désormais, nous sommes six chez French-Connect. Je travaille avec l’équipe rédaction et digitale à la déniche d’adresses à Paris et Bruxelles. Muriel travaille sur la partie commerciale du magazine web et elle organise tous les évènements, avec son équipe.

Au-delà du travail de réseau, quels sont les autres événements que vous proposez ?

Nous organisons des moments artistiques (découverte d’ateliers d’artistes, expositions, concerts) ainsi que des « lunch connect », une occasion pour les Français et les Belges de découvrir une nouvelle table, et les membres font connaissance.
Il y a deux ans nous avons séparé les activités de réseaux en « moments de découvertes » et « travail ». Nous avons, pendant quelques années, fait beaucoup d’évènements « business » pour servir d’accélérateur aux start-ups et entrepreneurs. Puis en 2016 nous avons décidé d’aller plus loin et, avec huit autres chefs d’entreprise, nous avons demandé l’autorisation d’utiliser le label « French Tech » pour en faire une entité à Bruxelles. Désormais nous organisons des événements business pour French-Connect et l’Asbl French Tech Brussels.

Qui sont vos lecteurs ?

Nos lecteurs membres, les « french co », sont à 50% de Français et 50% de Belges. Quand nous avons commencé, le réseau était à 80% masculin et depuis 4 ans le réseau s’est féminisé. Aujourd’hui nous sommes plutôt à 60% de femmes.

Quelles démarches avez-vous entrepris envers ce public féminin ?

Nous avons organisé des ateliers de recherche d’emplois, des ateliers spécifiques pour créer son CV pour le marché belge ou pour lancer sa start-up, des ateliers art et développement personnel…

Vous avez lancé le Connect Store il y a peu, de quoi s’agit-il ?

Jusqu’à maintenant nous connections les gens à leur ville et aujourd’hui nous voulons aller plus loin. Nous dénichons des talents français et belges et nous faisons connaitre leur savoir-faire par l’intermédiaire d’une boutique en ligne. Nous offrons un espace de communication supplémentaire avec la possibilité pour nos lecteurs d’acheter des produits français et belges. L’objectif est de promouvoir les circuits courts, l’économie locale et l’emploi. Nous voulons mettre en avant les acteurs locaux pour donner du sens à nos achats.

Entretenez-vous des liens avec des partenaires (associations, médias…) ?

Nous avons trois partenariats. Nous sommes partenaires avec La Libre Belgique, le journal national. Ils adorent les carnets d’adresses que nous écrivons et les rediffusent sur leur édition web lifestyle chaque semaine. Nous avons aussi un partenariat avec BXFM qui est la radio des européens à Bruxelles. Enfin, nous avons un troisième partenariat avec VivaCité, une radio de la RTBF, sur laquelle nous présentons nos adresses préférées chaque jeudi. Nous n’avons pas encore de partenaires français mais c’est bien notre objectif.

Constatez-vous des différences entre le monde professionnel français et le monde professionnel belge ?

Tout le monde connait la sympathie avec laquelle nous pouvons travailler avec les entreprises belges. Il y a un réel accueil au téléphone, il n’y a pas de « barrage secrétaire » ! et on peut rencontrer facilement les dirigeants. A Paris, la commerciale vous dirait que c’est plus compliqué… !
Depuis que je suis en Belgique j’ai réappris des formules de politesse que j’avais oubliées. Les gens ici sont toujours ravis de vous rencontrer, c’est vraiment plaisant de travailler comme cela.

Quels liens conservez-vous avec la France ?

Tous les quinze jours, nous rédigeons un carnet sur Paris. Il n’y a qu’une heure et vingt minutes de train donc nous nous y déplaçons pour repérer des adresses. Nous y allons aussi pour découvrir des nouveaux créateurs et participer à des salons.

Avez-vous trouvé ici votre petit coin de paradis ?

Chez French-Connect nous nous qualifions d’explorateurs urbains. J’aime les villes et j’ai choisi de vivre dans le centre de Bruxelles. Je fais presque tout à pied et je découvre aussi de nouvelles adresses comme ça. Ici on pousse la porte et on ressort un quart d’heure plus tard en se tutoyant et en se faisant la bise. J’adore ça. Mon quartier préféré ? les étangs d’Ixelles.

Comment adhérer à French Connect ?

L’adhésion est gratuite et ouverte à tous les entrepreneurs, les curieux et les amateurs de bonne humeur. Nous envoyons des newsletters toutes les semaines pour faire découvrir nos pépites.

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Dernière modification : 28/11/2018

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